-0620-Gréce: Les sept sages (Thalès, Solon, ...)

Ce sont tous ces Messieurs qui, réunis à Delphes, au temple d’Apollon Pythien, auraient dédié, en hommage au dieu, les inscriptions fameuses : « Connais-toi toi-même » et « Rien de trop. ». Jerphagnon.

Car il fallait qu’ils fussent sept, bien sûr, comme les sept planètes des Babyloniens, les sept merveilles du monde, les Sept contre Thèbes d’Eschyle, les sept rois de Rome, sans compter tout ce qu’on trouve par lot de sept dans la Bible ! Quand nous disions qu’on ne se déprend jamais tout à fait du merveilleux, célébrât-on l’avènement de la raison ! C’est dire que ces personnages dont Socrate vante la sophia, la sagesse (Platon, Protagoras, 343 a-b), baignent, comme plus tard les rois de Rome, dans le légendaire. Il y avait donc: - Thalès, le géomètre (vers 625-545), - Solon le législateur athénien, - Chilon, un magistrat spartiate, - Pittakos, homme d’armes, mais qui avait su réorganiser l’État ; - il y avait Bias, politicien et poète, - et Cléobule, un philosophe de bonne famille,puisqu’il descendait d’Hercule, - et ce Périandre, le tyran de Corinthe, dont la réputation de sagesse m’a toujours semblé un peu surfaite, car il passe pour avoir précipité sa femme enceinte dans l’escalier, accident dont elle ne se remit pas. - Il faut en ajouter un huitième, car la liste des sept flotte au gré des traditions, et on y voit parfois figurer à titre de suppléant un certain Myson, brave homme qu’Apollon lui-même aurait garanti comme le plus sage des humains. On dit qu’à l’occasion, Myson rigolait tout seul dans un coin, et quand on lui en demandait la raison, il confessait que c’était justement parce qu’il était tout seul. Ce sont tous ces Messieurs qui, réunis à Delphes, au temple d’Apollon Pythien, auraient dédié, en hommage au dieu, les inscriptions fameuses : « Connais-toi toi-même » et « Rien de trop. » Ce qu’apportaient ces premiers « intellectuels » connus de l’Antiquité classique, c’était une sagesse essentiellement pratique. Tous ou presque exerçaient des fonctions politiques : c’étaient des gouvernants, des législateurs, des gens, donc, qui prétendaient aménager la vie en commun à partir, non plus seulement d’une expérience séculaire transmise sans changement de génération en génération, mais de cette expérience repensée en fonction des requêtes nouvellement apparues. Ils remettent de l’ordre, ils réforment, etc. Au passage, profitons-en pour remarquer que dans l’Antiquité, et cela jusqu’au premier siècle au moins de notre ère, ceux qu’on appelle les sages ou les philosophes auront toujours partie liée avec la politique, à l’exception des épicuriens.