Séparés par l’accumulation des couches chronologiques, nous sommes réduits à procéder par analogie, à partir de ce que nous livrent les peuplades, les ethnies encore étrangères à nos cadres de pensée, et que nous qualifions aimablement de primitives. Mais cela n’est jamais qu’approximatif. De ce point de vue, les cinquante premières années du XX siècle auront été décisives. Grâce aux travaux: - de Leenhardt, - de Lévi-Strauss, - de Van der Leeuw, - de Dumézil, - de Dodds, - de Mircea Éliade, - de Gusdorf, On est actuellement arrivé à cette idée que le mythe était essentiellement un état d’esprit, une certaine disposition des hommes archaïques : cette organisation imaginaire des phénomènes permettait à ces gens de s’y retrouver, de conjurer les angoisses en les fixant, d’établir des constantes pour leur action, et ainsi de créer chaque fois un certain type, relativement stable, de culture. Longtemps après vint l’âge du récit organisé, qu’on se transmet oralement de génération en génération, puis enfin l’âge de l’écrit. Et alors seulement furent consignées par des mains anonymes,et sur des siècles, les grandes compositions mythiques que nous connaissons.