questions d'éthique

0080-Epictète-le travail des représentations

[edit] Manuel d'Epictete, intro de Pierre Hadot, 2000.

La distinction entre ce qui dépend ou pas de nous (eph'hènem, ouk eph'hènem) semble provenir du maitre d'Epictéte: Musonius.

" Parmi les choses qui existent Dieu à placé les unes en notre pouvoir, les autres non. En notre pouvoir est la plus belle, la plus digne d'être recherchée, celle qui constitue le bonheur de Dieu même: l'usage des représentations...

p.49 -selon Musonius [Musonius Rufus, Temoignages et fragments]- Tout être vivant agit en fonction des impressions (phantasiai) que font les objets sur les organes des sens. L'homme est fondamentalement guidé par ses impressions sensibles. Mais puisque c'est un être raisonnable, l'homme exprime ses impressions et peut les maîtriser en les formulant dans un discours intérieur (Diogène Laerce: Les stoïciens: la pensée, qui est prédisposée pour la parole, exprime par le langage ce qu'elle éprouve du fait de la représentation.")

C'est au niveau du discours intérieur que toutes les passions peuvent surgir.

Je navigue sur la mer. Mes yeux voient l'immensité de la mer, les vagues, le ciel et j'entends le bruit des flots.

A l'occasion de cette représentation j'emets un discours intérieur.

Il y a du vent; Les vagues sont fortes; on ne voit plus la terre.

C'est ce qui m'apparait, (to phainomenon)

Surviennent du fond de moi même d'autres commentaires:

"Me penchant sur l'âbime, ne voyant plus la terre, je m'égare et j'imagine qu'il me faudra absorber toute cette mer, si je viens à faire naufrage..."

Ce que je me représente (phantasia)

Ces images mentales phainoména et phantasia se formulent en discours intérieur, en jugements qui provoquent nos désirs et donnent impulsion à nos actions.

Le travail sur les représentation se fait en deux phases: